Vendredi 11 janvier 2008

Car ici, tout va deux par deux:

AU JARDIN

 

 


Quand elle mit le pied au jardin des olives,

Les arbres frissonnaient

Et les corneilles aux aguets

Lançaient à tout va des graines comme missives.

 

Elle en ramassa une qui croqua sous la dent

Elle eut le temps de déchiffrer rendez-vous dans vingt ans.

Vingt ans passèrent comme une seconde.

Du premier arbre au suivant,

Elle vit comme dans un songe,
L'approche de son nouvel amant.

 

Il se détachait d'une écorce,

Se faufilait adroitement entre chaque fruit sec,

Son oeil était luisant, sa bouche en amorce.

Elle saisit cette opportunité, lui donna un baiser.

Ils roulèrent dans l'herbe jusqu'à l'éternité.

 

Au loin, mille fourmis environs portaient sur leurs dos fourbus,

Le coeur des amants rompus

Qui avaient laissés là leur rêve inachevé.

 

Le pic-vert demandait la trêve

Et martelait leurs noms sur les troncs encore verts.

L'écureuil dansait sur une branche féminine un rythme endiablé,

Un chien sans laisse jouait du youkoulélé.

 

Les amants alanguis sur l'herbe verte,

De leurs corps brûlants aspiraient la découverte,

Et s'embrassaient follement,

En se foutant bien de la marche du temps.

Par Lovebird - Publié dans : Poème
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Vendredi 11 janvier 2008
Bienvenue sur Lovebird, le blog de nos poésies.
D'emblée, un premier poème:

 

LA LUNE

 

 

 

Les nuages crémeux, ondulés,

Glissaient sur des patins.

La lune, simple et brune,

Fuyait, mutine, entre les pins.

 
Première heure du jour,

Elle luit, pâle, évanescente,

Dans un ciel translucide.

Le soleil s’impose, elle se dissout,

Et l’on voit ses dessous au miroir avide

S’éclipser vaporeux derrière ses paravents.

 

Ô mon impudique !

Qui rougit à la rousse,

Blondit parfois,

Timide, belle et présente,

Telle une parente

Que j’aimerais revoir

   

Tes dessins sans contours,

Esquissés, effacés,

Creusés dans ta marmite ;

Parfois l’on te visite et l’on fait des détours,

Des calculs insensés,

Pour mieux t’apprivoiser.

 

 Ta distance glacée dans le ciel protecteur

Couvre tes pudeurs et ta beauté farouche.

Tu as tous les prénoms,

Tous les vents à tes trousses.

Un nuage te mousse pour te débarbouiller,

Jamais tu ne colères,

Sur tes draps de couleurs,

Unis ou chamarrés,

Au gré de tes humeurs

Et tes points de beauté.

 

Tu me montres le chemin,

Muette et impassible.

Mère de tous les humains,

Oiseaux, mammifères marins,

Et toute particule.

Tu veilles sur ton troupeau et jamais n’articule.

 

Parfois, tu me parlais au creux de mon cœur,

Enfumé de vapeurs, de tabacs enivrants.

 

Les pieds sur la dune,

J’ai balancé le temps.

Mélange d’éléments.

Soleil à l’envers se baignant sur la Terre.

Tu trempais tes pinceaux, assise sur un bateau.

Tu peignais l’avenir qui dans mon souvenir

Me semble incertain,

Si vaste et si tranquille,

Et tous ces imbéciles qui croisent mon chemin.

 

 

Par Lovebird - Publié dans : Poème
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